Au SITL 2025, voici venu le temps de la "grande reconfiguration"
Le 42e salon international du transport et de la logistique (SITL) a ouvert ses portes mardi 1er avril pour trois jours d'expositions et de conférences au parc des expositions de la porte de Versailles, avec comme sous-titre "Connectons nos intelligences !".

25 000 professionnels, 542 exposants (dont 131 nouveaux venus), 193 speakers, 153 conférences, 30 partenaires institutionnels, 21 pays représentés, onze secteurs d'activité, huit espaces thématiques, trois jours d'évènement et... Deux ministres. Depuis mardi, porte de Versailles (15e), les chiffres et les cadres se bousculent au gré des 44 936 m2 d'espace d'exposition du Pavillon 1, qui accueille cette année la nouvelle édition du salon international du transport et de la logistique (SITL), du 1er au 3 avril.
"Une équipe de France de la logistique"
L'évènement a été officiellement ouvert mardi lors d'une conférence inaugurale en présence de la Ministre déléguée chargée du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes entreprises et de l'Économie sociale et solidaire de la France, Véronique Louwagie. Le Ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, occupé en Maurienne pour la réouverture de la ligne ferroviaire Paris-Milan, n'était présent que le lendemain, mercredi 2 avril. Alors Mme Louwagie a pris le micro, assurant aux professionnels que l'objectif du gouvernement et de l'État restait la relance de la compétitivité et la défense de l'attractivité du secteur, qui représente 10 % du PIB hexagonal. "Il nous faut une équipe de France de la logistique", a-t-elle défendu, prônant une meilleure coopération entre entreprises et secteur public. Au banc des priorités ministérielles : la simplification, la protection des transporteurs, l'encouragement à l'innovation, et enfin l'accompagnement dans la transition énergétique et environnementale. Avant, enfin, de couper le ruban de cette 42e édition du SITL.
Le coup d'oeil dans le rétro : une 41e édition du SITL repensée autour des enjeux de changement (19-24 mars 2024)
Que faire dans un monde "chamboulé" ?
Avant elle, les intervenantes et intervenants avaient fait le diagnostic quelque peu inquiétant d'une instabilité globale, d'un "monde du risque", "fragmenté", "complètement chamboulé", selon l'éditorialiste aux Échos Jean-Marc Vittori. Une manière de montrer que le transport est entièrement dépendant des fluctuations géopolitiques. Entre un Donald Trump dont "on ne sait pas où il va", une Europe aux "réglementations effroyables" (sic), une Chine "en crise" et un "sud global" qui se cherche, l'intervenant du jour met en avant des phénomènes de "démondialisation" (stagnation du PIB mondial), et de "grande reconfiguration", notamment pour les sociétés du transport. "Les entreprises qui ne travaillent pas leur transition environnementale aujourd'hui prennent le risque de perdre leurs investissements demain", avertit-il, avant d'épiloguer sur l'Ukraine, l'IA, la démographie... Que faire face à tant de défis ?
Appel à plus de coopération...
Pour la présidente de France Logistique Anne-Marie Idrac, la réponse se trouve dans l'innovation (bien sûr), la résilience (à travailler), mais surtout dans une plus grande coopération des acteurs. Détaillant un secteur complexe et interdépendant ("nous sommes tout le temps en reconfiguration"), l'idée d'accentuer les collaborations entre acteurs publics et privés plaît (évidemment) à l'ancienne secrétaire d'État au Commerce extérieur de Nicolas Sarkozy. Ainsi, les transporteurs pourraient mieux s'adapter aux besoins croissants en stockage et en place, et pourraient mutualiser les innovations. "Contrairement à d'autres filières, le Transport et la logistique ne progressent que si ses acteurs collaborent, échangent et innovent ensemble", précisait déjà Laurence Gaborieau, directrice du SITL dans le communiqué de presse avant l'événement.
... Et de "simplification"
Anticipant les engagements ministériels, Anne-Marie Idrac pointe ensuite le besoin de plus de protection "contre la concurrence déloyale" et surtout contre "les irruption législatives ou réglementaires aberrantes, incongrues pour ne pas dire insensés, où sous prétexte de simplifier on vient nous compliquer la vie". Et d'expliciter : "plus c'est compliqué et lourd à l'extérieur, mieux vaudrait être simple et allégeant à l'intérieur. C'est ce que nous espérons développer, avec la bonne écoute des pouvoirs publics." Toutefois, avant de parvenir à ces objectifs, Anne-Marie Idrac reconnaît qu'il existe la nécessité de faire converger les intérêts des uns et des autres, afin de favoriser par exemple le partage de données.
La suite du programme ?
Les conférences organisées sur les trois jours sont réunies autour de cinq grandes thématiques : la décarbonation du transport et de la logistique (RSE, économie circulaire et multimodale), la transformation digitale et l'innovation, l'aménagement des territoires (logistique urbaine et réindustrialisation), la réorganisation de la supply chain (accent sur l'automatisation) et enfin l'attractivité du secteur (RH et formation). Parmi les nouveautés de l'édition 2025, on compte le "Cold Chain by SELFI", un nouveau secteur dédié à la logistique du froid, masi également les Villages du "Last Mile et du Multimodal", un stand "Humanitarian Logistics" (en partenariat avec Bioport et Aviation Sans Frontières), une exposition sur le transport maritime Vélique (en partenariat avec Wind Ship), ou encore le retour du "Campus", espace dédié à l'attractivité et aux métiers du transport et de la logistique. Et pour finir, le salon verra se tenir les "Innovation Awards by SITL", vendu avec "un format repensé pour mieux valoriser les avancées du secteur".
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